Le black-mort, perdure
Si aujourd'hui on ne parle plus de style commercial, c'est parce que, mis à part des groupes comme Immortal, le temps est plutôt à la récession. " Il y a une stagnation, c'est clair ", confirme Laurent Michelland, " La qualité des produits à beaucoup baissé, de plus, si le black est bel et bien mourrant c'est d'une part par manque de professionnalisme mais aussi parce que beaucoup des grandes figures se sont détournées du black, voir n'en font plus du tout. Burzum fait du new age, Ulver est complètement électronique, Emperor devient toujours plus death tandis qu'Immortal se nourrit de plus en plus de heavy... " Pour Nicolas de Chanteloup Productions, c'est aussi et surtout une question d'excès ; " C 'est très simple, il est arrivé au black exactement ce qui est arrivé au death cinq ans plutôt : trop de maisons de disques, trop de groupes, et surtout pas assez de choses de qualité. Moralité : le marché est complètement saturé. "
Dans tous les cas, on ne peut certainement plus parler de black dans les contrées nordiques, mais c'est maintenant à l'Est de l'Europe que le black-métal voit sa réapparition. " Je ne crois pas avoir entendu quelque chose de vraiment convaincant, venant de Norvège, depuis bien longtemps ", certifie Laurent Michelland. " Par contre, je suis d'accord pour dire que ce qui faisait la force du black-métal à son zénith, c'est à dire au début des années 90, peut se retrouver aujourd'hui dans des pays de l'Est comme la Pologne, la Roumanie, et les pays satellites de l'ex-URSS. Beaucoup de ces groupes ont su conserver l'esprit originel. Lorsque je parle d'esprit, je parle d'une atmosphère hyper sombre et glacial, comme on pouvait en trouver sur le premier Emperor, par exemple. " Nicolas de Chanteloup s'accorde même à dire que les raisons de cette réussite se trouve dans le contexte géopolitique ; " Nos groupes (Entropolatri, Astrofaes, ou Lucifugum, entre autres) viennent de pays comme la Biélorussie ou l'Ukraine. Des pays où la situation économique et sociale est catastrophique. Ces types n'ont pas d'argent, pas de moyens pour faire des concerts, des conditions d'enregistrement minimes, ce qui, paradoxalement, ne fait que les renforcer. Ces types-là ont la rage tout simplement parce que c'est tout ce qui leur reste. " Pour Hervé d'Osmose " la scène française a enfin atteint sa maturité et nous assistons aujourd'hui, avec des groupes comme Annorexia Nervosa, Antaeus ou Arkhon Infaustus à la naissance d'une véritable scène extrémiste française, talentueuse et surtout crédible. "
Dans toute cette agitation, il ne faut en aucun cas oublié que derrière tout ça se cache un genre passionnant car dérangeant, et beaucoup plus intelligent qu'il n'y paraît. Ne reste plus que pour le black de se réinventé afin de garantir sa continuation.